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Si ce mariage existe aujourd’hui et apparaît comme un idéal souvent difficile à atteindre, il est pourtant un sommet de l’évolution du mariage à travers les siècles. Mon propos se limite à l’Occident.
La polygamie était la règle chez les Francs. Clovis faisait figure d’exception avec son unique femme Clotilde. Les évêques ont mis des siècles avant de venir à bout de la polygamie, de droit ou de fait. La monogamie finit par triompher.

La liberté du mariage a été défendue par l’Église catholique au Moyen-Âge. C’est ainsi que les mariages secrets ont été interdits pour limiter les pressions de la famille. La liberté dans le mariage fut une conquête très lente. Selon les milieux sociaux, les mariages arrangés cédèrent la place progressivement au mariage d’amour, entre autres sous la pression constante de l’Église. L’idée que mariage et amour puissent coïncider est finalement très récente. Auparavant, dans des sociétés où la pauvreté était la norme et la richesse l’exception, le mariage devait nécessairement inclure un intérêt matériel, c’était souvent la seule motivation.
Puis on en est venu petit à petit au libre des choix des époux l’un par l’autre.
Cette liberté est heureusement devenue la norme dans nos sociétés, les cas de mariage forcé sont devenus très rares.
La fidélité a toujours été un combat pour l’institution du mariage. Cette fidélité est défendue depuis les origines de la foi judéo-chrétienne. Dans la loi juive, la femme mariée et son amant doivent être mis à mort lorsqu’ils sont découverts. Si l’Église n’a pas repris cette punition, elle a toujours considéré l’adultère comme l’entorse suprême au mariage. Le mariage est vu comme l’image même de l’union entre Dieu et l’homme, la fidélité dans le mariage a donc une valeur sacrée.
L’adultère masculin a été vu au cours de l’histoire comme infiniment moins grave que l’adultère féminin. Pourtant l’enseignement de l’Église ne distingue pas la gravité de l’adultère selon le sexe de celui qui est infidèle.
Aujourd’hui l’infidélité assumée mène le plus souvent à la séparation et au divorce. L’idée d’un mariage absolument indissoluble, tout comme la fidélité absolue, est refusée car vue comme impossible. En effet, le mariage est vu de plus en plus comme une affaire purement privée, purement dépendante des sentiments passagers des partenaires. Pourtant, dès l’Évangile, nous voyons Jésus affirmer cette règle du mariage indissoluble, voulu ainsi depuis les origines par Dieu lui-même (Évangile selon saint Matthieu, chapitre 19). Jésus supprime la possibilité d’une répudiation qui existait dans la loi juive. Il n’y a plus aucune justification au divorce. Ainsi l’Église défend de manière inébranlable, selon la volonté de son fondateur, l’indissolubilité du mariage quelles que soit les événements affectant la vie du couple.
Nous constatons que l’enseignement et la pratique de l’Église au cours des siècles nous permettent de bénéficier aujourd’hui d’une institution qui constitue un stade suprême du mariage. Enfin le mariage est rendu à sa pureté originelle. Chez ceux qui le vivent ainsi, il est riche d’une plénitude que peuvent difficilement soupçonner ceux qui n’ont pas eu la chance de se le voir présenter de cette manière, et qui n’ont pas eu dans leur entourage des exemples de mariages de cette sorte.
Après des siècles de mûrissement et de combat, les époux qui, consciemment ou non, adhèrent à l’enseignement de l’Église, sont enfin libres de se choisir même si leur parenté s’y oppose. Ils peuvent le faire par pur amour, pur volonté du bien de l’autre, dans une réciprocité bienveillante et bienfaisante. Cet amour est exclusif : je me donne tout entier à l’autre, mon amour n’est pas partagé, ni par polygamie institutionnelle, ni par infidélité.
Ce joyau qu’est le mariage dégagé de toutes ses entraves est cependant comme la liberté. Il n’est jamais acquis définitivement. S’il peut parfois se déployer sans difficulté, la plupart du temps il est nécessaire de se battre pour lui, de le défendre contre des régressions ou de nouvelles formes d’agression, il faut sans cesse réaffirmer sa beauté et sa pureté envers et contre tout.
Voir aussi : Moines et moniales, des évangélisateurs ?
Charlotte
Merci Cat, je vais regarder
Merci Cat, je vais regarder cette autre discussion avec intérêt.
MarsB
L’amour, raison d’être et vocation de l’homme et de la femme
L’homme et la femme sont créés par amour.
Ils sont créés pour l’amour.
Ils sont amour dans leur être puisqu’ils participent à l’Être de Dieu qui ‘est’ Amour.
Ils sont appelés à manifester cet amour qui les constitue.
Ils sont appelés à transmettre cet amour l’un à l’autre.
L’homme est disposé à la paternité.
Qu’est-ce qu’être ‘père’?
Ne regardons pas nos propres expériences de la paternité humaine si imparfaites.
Regardons Celui qui est appelé ‘Père’, ‘Abba’.
S’Il est appelé ‘Père’, c’est qu’Il a engendré un Fils.
Il est Père parce qu’Il a un Fils.
Le Père est Celui qui engendre, qui donne la vie.
Un père engendre, donne la vie.
Cela est clair de façon corporelle: c’est lui qui donne la semence de la vie.
Mais cela est également clair de façon spirituelle: il peut engendrer l’autre à la vie véritable.
Regardons Jésus sur la Croix: dans sa souffrance, Il a fait l’expérience de la paternité.
“Qui Me voit, voit le Père.”
Il devient le père de l’humanité nouvelle.
Il est le Nouvel Adam.
Sur la Croix, Il engendre l’humanité à la vie véritable.
Donner la vie, c’est aussi donner sa propre vie.
Jésus dépose la semence de sa propre vie.
Grain de blé qui tombe en terre.
“Nul n’a plus grand amour que celui-ci: donner sa vie pour ses amis.”
“Le Christ a aimé l’Église: Il s’est livré pour elle.”
“Maris, aimez vos femmes comme le Christ a aimé l’Église.”
L’homme n’est pas seulement disposé à la paternité humaine, à l’engendrement corporel.
Il est également appelé à donner, livrer sa vie pour sa femme, pour ses enfants, pour tous les hommes; il est appelé à leur transmettre la vie.
Livrer son coeur à eux, donner toute la tendresse enfouie dans son coeur.
La femme, les enfants, tous les hommes ont besoin de ce charisme propre à l’homme, c’est leur sécurité.
C’est la manière d’aimer de l’homme envers sa femme, ses enfants, envers tous les hommes: donner, livrer sa propre vie afin de leur transmettre la vie.
Cette paternité à laquelle l’homme est appelé, c’est l’accomplissement de son être en tant qu’homme.
La femme est disposée à la maternité.
Qu’est-ce qu’être ‘mère’?
Ne regardons pas nos propres expériences de la maternité humaine si imparfaites.
Regardons celle qui est appelée ‘Mère’.
Si elle est appelée ‘Mère’, c’est qu’elle a reçu un Fils.
Elle est Mère parce qu’elle a un Fils.
La Mère est celle qui reçoit, qui accueille la vie.
Une mère reçoit, accueille la vie.
Cela est clair de façon corporelle: c’est elle qui est réceptacle de la semence de la vie.
On le voit aussi dans la nature, la terre.
Elle garde, enveloppe la semence de la vie; elle la fait croître, développer, s’épanouir.
Cela est également clair de façon spirituelle: la mère peut développer et faire épanouir l’autre à la vie véritable.
Regardons Marie au pied de la Croix: dans sa souffrance, elle a fait l’expérience de la maternité.
“Femme, voici ton fils” – “Voici ta Mère”.
Elle devient la mère de l’humanité nouvelle.
Elle est la Nouvelle Ève.
Au pied de la Croix, elle reçoit l’humanité et la fait épanouir à la vie véritable.
Accueillir la vie, c’est aussi être réceptacle de la vie de l’autre: tout ce qui le concerne.
Être réceptacle de la vie de l’autre, tout ce qui le concerne: pour que cette vie porte du fruit.
Marie garde fidèlement en son coeur la semence des paroles et des évènements de son Fils.
Bonne terre qui accueille la semence de la Parole et porte du fruit au centuple.
“Ma mère et mes frères, ce sont ceux qui écoutent la parole de Dieu et la mettent en pratique.”
Une femme du milieu de la foule dit à Jésus: “Heureuses les entrailles qui t’ont porté et les seins que tu as sucés!”
Mais Jésus répond: “Heureux plutôt ceux qui écoutent la parole de Dieu et l’observent!”
La femme n’est pas seulement disposée à la maternité humaine, à l’enfantement corporel.
Elle est également appelée à faire épanouir la vie de son mari, de ses enfants, de tous les hommes.
Ouvrir son coeur envers eux, les envelopper de toute la tendresse enfouie dans son coeur.
L’homme, les enfants, tous les hommes ont besoin de ce charisme propre de la femme, c’est leur sécurité.
C’est la manière d’aimer de la femme envers son mari, ses enfants, envers tous les hommes: être réceptacle de leur vie afin de les porter à leur épanouissement.
Cette maternité à laquelle la femme est appelée, c’est l’accomplissement de son être en tant que femme.
Voilà l’image de l’humanité nouvelle, du rôle de l’homme et du rôle de la femme.
Notre monde aujourd’hui a tant besoin de comprendre la spécificité propre de l’homme et la spécificité propre de la femme.
Ainsi nous comprendrons pourquoi il est une erreur fondamentale de vouloir relativiser la valeur de la différence des sexes.
Il n’y a pas de fécondité – ni corporelle ni spirituelle – sans l’homme ni sans la femme. L’homme a besoin de la femme et la femme a besoin de l’homme.
C’est la vérité, il n’y en a pas d’autre.
Entrons – enfin – dans la civilisation de l’amour!
Sandrine
Très bel article et quelle
Très bel article et quelle belle plume sur le mariage, bravo à vous ! Sandrine.